Jeudi soir 3 août 2000

Etat de NEW MEXICO


 

Alamogordo
New Mexico

 
 


 
   Nous quittons sans regret El Paso, plein de provisions de bouche mais sans fusil dans notre musette. Nous prenons la route 54 et remontons sur le nord en direction d'Alamogordo.


   Nous franchissons un nouvel état New Mexico. La région est montagneuse et nous apprenons que nous sommes en territoire Apache, de quoi faire vagabonder notre imagination. Nous avons repéré un State Park sur la carte peu avant Alamogordo.
 

 

   Nous éprouvons quelques difficultés à trouver le chemin étranglé dans un goulet entre deux massifs : El Puerto E1 Perro. Le terrain est sec, aride, rocailleux. On s'attend à voir débouler sur les crêtes en surplomb quelque horde d'Indiens. Le State Park accroché sur un piton hostile a l'air bien désert. En effet, pas de ranger à l’accueil résolument fermé mais j'avise un panneau avec photographies renseignant sur la flore et la faune du lieu. Les images ne sont pas engageantes : des reptiles lovés, crocs acérés et les fameux crotales ou serpents à sonnette. De quoi retirer l'envie de s'installer !
 
   Pourtant nous apercevons une famille de campeurs. Ils viennent du nord de l'état. Les parents, la cinquantaine middle-class intello et leurs deux jeunes enfants s’affairent tranquillement à planter leur tente légère. La mère, rondouillarde et très avenante, nous abreuve d’informations sur les State Parks du Colorado d’où ils viennent et où nous serons dans quelques jours.
   Puis la discussion tourne autour de l’actualité et du cirque politico-médiatique de ces derniers jours. «  A big party » dit le père, pas dupe. Quand je m’étonne du discours de Bush en espagnol, le fils, petit polar sympathique à lunettes rondes, très cultivé (il connaît lui aussi Lyon) rétorque tout net du haut de ses douze ans : « He catches voices...» Pas mal, le môme.

   Nous prenons congé chaleureusement, et les laissons à leur campement, dans ce désert peuplé de lièvres, de crotales et sûrement d’une faune encore moins fréquentable. Nous admirons leur audace et leur absence de peur devant cette terre plutôt hostile. Ils ont l'habitude de voyager ainsi et  connaissent bien la région.
 
 

   Pour nous, il nous faut aller au motel ; pas de « cabins » ici. Mais aurions-nous été suffisamment téméraires pour surmonter la  hantise du serpent à sonnette ? Le souvenir de Walli gator était encore trop présent et mon cow-boy n'avait pas de pistolet comme dans les westerns pour faire feu au moment crucial.
 

   Le motel d'Alamogordo est identique à des milliers d'autres à travers les Etats-Unis puisqu'il appartient à la chaîne 6. Nous soupons dans notre chambre.



 
 
Au dehors c'est le désert.

 
Jeudi journée 3 août 2000                                                                                                                                            Vendredi 4 août 2000