Dimanche journée 6 août 2000
Etat du NEVADA


 

Las Vegas


 



 
   Chaud devant...

   Par chance en nous éloignant du grand Canyon, nous retrouvons la vieille Route 66 et nous l’empruntons pour aller jusqu’à Las Vegas (Nevada). Le temps est lourd, l’orage menace. Le paysage se fait à nouveau plus désertique et plus plat. Nous roulons plein ouest et essuyons un début de grain d'une violence inouïe.

 

Le ciel est coupé en deux : noir derrière et au-dessus de nous, blanc devant. Deux solutions, se mettre à l'abri et attendre que ça passe, ou mettre les gaz et le prendre de vitesse sur des routes déjà humides. On se fait lécher par les premières trombes, puis ça marche et on échappe au pire. Quelques dizaines de miles plus loin, tout s'arrête et on retrouve notre rythme de ballade.
 


 
   Route 66

   A plusieurs reprises dans notre trip, on a croisé ou suivi l’ « Historique Route 66 ».



 
 
 

   Rien de spectaculaire sur ce trajet mythique des migrants, sinon la multitude de lieux touristiques vantant et vendant le mythe sous toutes les formes possibles, estampille collée, imprimée ou gravée sur tout ce que la société de consommation a pu produire. Le choix est vaste. Mais cela fait longtemps qu'on trouve ce genre d'objets dans toutes les « gadgeteries » du monde et même dans les bacs des supermarchés lors de la rentrée des classes notamment.
 
 

   Pas sûr que, pour les Américains que les highways éloignent de plus en plus de son tracé, elle ait encore valeur de symbole. Pour preuve les quelques dizaines de miles entre Williams et Kingman, bordés de baraques, de commerces, de stations-service à l'abandon. A l'approche de Kingman, elle se mue en une somptueuse route à quatre voies ouvrant sur une véritable ville-champignon en plein territoire Mojave : un immense aéroport, « Mojave Airport », couvert d'énormes avions et, à sa proximité, de nombreux entrepôts industriels flambant neufs (des « industries high-tech », confirme le pompiste). Il y a même un Walmart, c'est dire...
 


 
 
   Ville de lumière
 
   De Kingman, on pique plein nord sur Vegas. Plein nord, façon de parler vu que le désert y devient de plus en plus aride et la chaleur de plus en plus étouffante. Il fait nuit déjà quand la route redevient accidentée entre des massifs très arides.



 
 
 

   Nous stoppons à une trentaine de miles avant Las Vegas à Hoover Dam, un angoissant barrage. C'est que Vegas pompe une quantité astronomique d'électricité et d'eau et que tout ce qui exploitable est utilisé pour les besoins de ces paquebots du désert que sont les casinos et les hôtels. Le bitume du bas côté est brûlant et l’air est tropical. La nuit n’apporte aucune fraîcheur mais une chaleur grasse et pesante.
 
 


   La descente sur Las Vegas de nuit en dominant la ville est tout bonnement magique. Les guirlandes multicolores étalées dans le noir profond de la vallée, ici c'est Noël toute l'année. On plonge subitement sur une vaste échancrure qui n’est qu’une myriade de lumières alors que l’on vient de franchir des miles et des miles sans âme qui vive, dans le noir le plus intense. La ville scintille de toutes parts comme une immense rivière de diamants déposée là pour quelque princesse cosmique.
   Plus nous avançons, plus l’impression est féerique et, lorsque nous abordons les grandes avenues, c’est une nuée de stuc savamment éclairé qui s’offre à nous. Là se rejoue dans un espace circonscrit d’artères grandioses l’Histoire monumentale des civilisations : l’Egypte, la Grèce, Rome, Venise, Paris et celle des grands mythes américains. J’ai tout d’un coup l’impression d’être dans un incroyable dessin animé à la Tex Avery où je demanderai au réalisateur de me promener dans des images d’Epinal pour géants.

 

   Nous trouvons, non sans quelque peine, notre Motel 6 pour passer la nuit, à côté de l’aéroport où des flux aériens incessants déversent sur la piste des cargaisons de joueurs invétérés venus de par le monde. Heureusement que l’air conditionné de la chambre fonctionne à merveille.

   Nous nous étendons sur le lit face à la télévision pour prendre quelque repos avant de nous jeter dans l’enfer du jeu.



Le Grand Canyon photos                                                                                                                                      Dimanche nuit 6 août 2000