LE DERNIER QUART TEMPS D’ALICE
 






C’était encore l’été bien qu’on fût déjà fin septembre. Alice regarda autour d’elle. Quasiment personne sur cette immense plage de galets doux et lisses où elle était venue se baigner une dernière fois avant de mettre fin à son voyage. La mer était d’une beauté particulière, avec ses nuances d’émeraude mêlées de marine soutenu et sa température exquise. Le teint hâlé, le corps détendu sur une chaise longue, à l’abri d’un antique parasol, les seins nus, le visage offert au vent, les cheveux bouclés avec déjà de longues volutes blanches sur ses épaules, elle jouissait de la fin de cette ultime journée. Il lui fut difficile de s’arracher à cette langueur égéenne, comme si elle s’était posée là pour l’éternité. Pourquoi s’en aller quand on goûte ce plaisir de la nonchalance, cette apesanteur et cette totale liberté que procure l’époque joyeuse de la retraite dont elle profitait  enfin ? Elle posa encore une fois ses pieds nus dans le ressac limpide, s’éloigna lentement en foulant les derniers galets tièdes et enfourcha son scooter qu’elle avait laissé à l’ombre d’un grand pin.






















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