Elle s’attarda à regarder la crête des collines arides qui griffait la toile bleue du ciel où ne s’accrochait aucun arbre. Derrière elle, par la porte entrouverte de la chapelle, s’échappaient des effluves étranges où se mêlaient l’encens, l’odeur de l’huile qui brûlait et des fragrances inconnues.
Elle reprit sa course par un chemin pentu qui dévalait jusqu’au fond de la vallée. Il faisait maintenant très chaud. Dans les passages entre les rochers, la peau lui cuisait comme si la lame rougie à blanc d’une épée lui frôlait le corps ; la poussière moussait et dansait, blonde, au-dessus de cette terre rougeâtre mais la solitude de ce désert la comblait.
Elle arriva à Troullaki, un groupe de maisons, minuscules, cubes blancs écrasés de soleil. A moins d’un kilomètre, posé là au bord de la route, légèrement surélevé sur un tertre rocailleux, un petit restaurant blanchi à la chaux, imprévisible dans cet espace dépouillé et isolé. Elle s’arrêta Pourquoi ne pas déjeuner dans cet endroit inattendu ?
Elle s’assit dans un fauteuil blanc sous une vaste treille où s’élançaient aussi de fougueux liserons et de fines lianes de jasmin blanc. Des espèces de calebasses jaunes en forme d’énormes poires irrégulières pendaient çà et là. Du romarin, de la sauge et de la marjolaine couraient en touffes ébouriffées le long de la petite maison aux couleurs sobres de la Grèce. Modeste était le lieu mais grandiose. En effet cette terrasse donnait sur un panorama d’une exceptionnelle beauté.       










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